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Because you say I for me

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Possession: “Because you say I for me



“Das Schlechte, das dem Ich Fremde, das Außenbefindliche, ist ihm zunächst identisch”

“Le mauvais, l'étranger au moi, ce qui se trouve au dehors, lui est tout d'abord identique”

Freud, S. (1925) Die Verneinung. La négation. (lien)




Analyse de JB Thoret


Time (2006) de Kim Ki-duk


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« Le visage se refuse à la possession, à mes pouvoirs. Dans son épiphanie, dans l'expression, le sensible, encore saisissable se mue en résistance totale à la prise. Cette mutation ne se peut que par l'ouverture d'une dimension nouvelle. En effet, la résistance à la prise ne se produit pas comme une résistance insurmontable comme la dureté du rocher contre lequel l'effort de la main se brise, comme l'éloignement d'une étoile dans l'immensité de l'espace. L'expression que le visage introduit dans le monde ne défie pas la faiblesse de mes pouvoirs, mais mon pouvoir de pouvoir. Le visage, encore choses parmi les choses, perce la forme qui cependant le délimite. Ce qui veut dire concrètement : le visage me parle et par là m'invite à une relation sans commune mesure avec un pouvoir qui s'exerce, fût-il jouissance ou connaissance. »

(Levinas, Totalité et Infini)


En instrumentalisant son visage, ce qu’elle vise est l’altérité, l'être autre à elle-même comme effet secondaire de l’être autre à l’autre, l’être renouvelé qui vaincrait l’ensevelissement de son visage sous les sédiments de la lassitude, un visage mé-connaissable, insaisissable, attirant donc, un visage dont l’expression serait à même d’inviter à un amour où le pouvoir de pouvoir ne s’exercerait pas.

Ce qu’elle vise est ce qu’elle manque à tout instant.

Le bistouri déforme son visage d’abord, celui de l’homme qu’elle aime ensuite, les réduisant à des formes parmi des formes, qui n’expriment rien que la quête essoufflée de ce qui percerait ces formes: un amour trans-formé qui transcenderait la forme des visages, qui se dévoilerait ni sous la multiplicité des visages contingents de chair ou de papiers dont la superposition ne renvoie qu'au retour unheimlich de l'inexpressif (lien), ni en échappant à l’étouffement des draps où elle se voile la face, ni dans la main de l’autre réduite à un gant taillé à sa propre mesure, ni dans le retour récurrent aux figures statiques des sexes de pierre.

« L’expérience absolue n’est pas dévoilement mais révélation :

[…] manifestation d’un visage par delà la forme »

(Levinas, Totalité et Infini)



Film présenté dans le cadre de l'enseignement
Psychanalyse et Cinéma
de l’École de la Cause Freudienne

+ d'info et lien vers les commentaires de Carolina Koretzky et Charles-Henri Crochet

[extrait video]


la nature de l'homme est sa relation à l'homme


« L’homme en effet entretient avec la nature des rapports que spécifient d’une part les propriétés d’une pensée identificatrice, d’autre part l’usage d’instruments ou outils artificiels. Ses rapports avec son semblable procèdent par des voies bien plus directes : nous ne désignons pas ici le langage, ni les institutions sociales élémentaires qui, quelle qu’en soit la genèse, sont dans leur structure marquées d’artificialisme ; nous pensons à cette communication affective essentielle au groupement social et qui se manifeste assez immédiatement en ces faits que c’est son semblable que l’homme exploite, que c’est en lui qu’il se reconnaît, que c’est à lui qu’il est attaché par le lien psychique indélébile qui perpétue la misère vitale, vraiment spécifique, de ses premières années.

Ces rapports peuvent être opposés à ceux qui constituent, au sens étroit, la connaissance, comme des rapports de connaturalité : nous voulons évoquer par ce terme leur homologie avec ces formes plus immédiates, plus globales et plus adaptées qui caractérisent dans leur ensemble les relations psychiques de l’animal avec son milieu naturel et par où elles se distinguent des mêmes relations chez l’homme. […] l’idée chez l’homme d’un monde uni à lui par un rapport harmonieux laisse deviner sa base dans l’anthropomorphisme du mythe de la nature ; à mesure que s’accomplit l’effort qu’anime cette idée, la réalité de cette base se révèle dans cette toujours plus vaste subversion de la nature qu’est l’hominisation de la planète : la « nature » de l’homme est sa relation à l’homme. »

Lacan, J. 1936, Au delà du « principe de réalité », In : Ecrits, pp.87-8.

Mort, sexe & be bop


Micro moments de poésie, ça sonne comme un copié-collé d’une critique de ciné bidon… mais quand même c’est vrai… et si c’est « poétique » ce n’est pas parce que parfois c’est joli, c’est parce que parfois c’est cru. « Just what it is ». Beaucoup plus direct que n’importe quel « réalisme ». Pas tant pour ce que ce film décortique de l’échange de salive que pour la manière dont il pose sans le dire l’absurdité de la mort. La mort est aussi absente de la mise en bière que le désir déserte l'explicitation éthologique de sa mise en corps.



Si l'appétit des vers condamne à mort le défunt

- oui, on sera bouffé par les vers, ils commencent par les yeux, c'est mou -

il s'agit aussi de se taire, être bête,

pour qu'alors tout un bestiaire assouplisse la relation à l'autre de petites délicatesses

- non, la langue désirante n'est pas une limace.



Il va mourir, ils vivent ensemble depuis 23 ans, présentations tardives, comme s’il était indispensable de se dire bonjour pour se dire adieu, dans le même mouvement

Elle « Dis mon nom »

Lui « ma petite Marina »

Elle « sans le petite »

Lui « Marina »

Elle « encore »

Lui « Marina »

Elle « encore »

Lui « Marina »

Elle « encore »

Lui « encore »

Elle « Marina »

Lui « Papa »



Tissage de la mort et du sexe.

Comment la mort de son père peut réconcilier sa fille avec son sexe ?

Son sexe à lui

(de « je t’ai imaginé nu, toi tu es un extraterrestre sans piston sans valise sans âme sans cœur »

à « Bella, baise mon père »)

Son sexe à elle-même

(de « j’aime les seins des femmes, ils ne m’excitent pas, je les admire »

à « tu ne bandes pas ? Il bouge un peu… c’est toi qui le fait bouger ? »)




« J’ai fait un film à propos de quatre personnes qui se trouvent au même endroit pendant une brève période. Trois personnes qui deviennent quatre puis deux. Trois étant, bien sûr, la configuration parfaite de toute relation. » Athina Rachel Tsangari


The beginning of memory

Laurie Anderson
Homeland
The Beginning of Memory


There's a story in an ancient play about birds called The Birds
And it's a short story from before the world began
From a time when there was no earth, no land.
Only air and birds everywhere.

But the thing was there was no place to land.
Because there was no land.
So they just circled around and around.
Because this was before the world began.

And the sound was deafening. Songbirds were everywhere.
Billions and billions and billions of birds.

And one of these birds was a lark and one day her father died.
And this was a really big problem because what should they do with the body?
There was no place to put the body because there was no earth.

And finally the lark had a solution.
She decided to bury her father in the back of her own head.
And this was the beginning of memory.
Because before this no one could remember a thing.
They were just constantly flying in circles.
Constantly flying in huge circles.


Le miroir aux alouettes
Jean Ernest Aubert (1885)

CREACiné – Hors-Les-Murs – 26 Octobre 2011 : Rouge Ciel (2009) de Bruno Decharme

Chers Tous,

Cette semaine le cccp profitera de la programmation du Collège International de Philosophie où « la réflexion sur le cinéma est un aspect important de la philosophie contemporaine. Les « Écrans philosophiques », organisés en partenariat avec La Maison Populaire, le cinéma Le Méliès de Montreuil et l'Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne, sont une nouvelle occasion d’un philosopher qui se déploie en un dialogue avec une œuvre d’art déterminée. Carte blanche est donnée à un philosophe (directeur de programme ou invité) qui choisit un film, et propose, après sa projection, la réflexion qu’il lui inspire ».

Cette semaine, le film sera présenté par Barbara Safarova, dont le programme déploie les « mirages de soi, quêtes identitaires et inventions du corps à travers les images des créateurs d'art brut ».


Rouge Ciel: un essai sur l'art brut de Bruno Decharme (France, 2009, 1h33).

« Le Japonais Kunizo Matsumoto ne sait ni lire ni écrire, pourtant il invente une écriture aussi belle qu’énigmatique. L’Américain George Widener mémorise les événements des 1 500 dernières années et prédit le futur, qu’il inscrit dans ses "carrés magiques". Fernand Desmoulin, un graveur français, dessine dans le noir, sa main guidée par "les esprits". Le Tchèque Zdenek Kosek reste pendant des semaines à l’affût derrière sa fenêtre sans manger ni dormir, notant tous les mouvements de l’extérieur, de peur que le ciel n’engloutisse le monde s’il s’arrête de tout noter. Rouge Ciel raconte l’histoire de ces artistes hors normes, souvent anéantis par la vie, qui sont parvenus à se reconstruire grâce à la création artistique. Rouge Ciel tente aussi de comprendre pourquoi ces œuvres de l’art brut, en apparence si éloignées de nous mettent pourtant en résonance ce que nous avons de plus intime. » Barbara Safarova


Retrouvons nous donc pour une séance hors-les-murs du CREACiné, le MERCREDI 26 Octobre, séance à 20h30, au Cinéma Le Méliès, centre commercial de la Croix de Chavaux, 93100 Montreuil. Mo ligne 9 - arrêt Croix-de-Chavaux - sortie centre commercial (plan).

Fidèlement vôtre,

cccp